mercredi, 01 juin 2016 11:06

Rencontre avec l'Organisation des Etats de la Caraibe Orientale, 2016

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Une délégation du CCEE a rencontré les membres de l'OECO, les 10 et 11 Novembre 2016, à Sainte-Lucie.

L'OECO est le successeur des États associés des Antilles. L'OECO se compose actuellement de 10 États membres, répartis sur les petites Antilles. Ensemble, ils forment dans la Caraïbe un archipel quasi ininterrompu:

  • Anguilla (sous dépendance britannique, membre associé)
  • Antigua-et-Barbuda
  • Dominique
  • Grenade
  • Guadeloupe (sous dépendance française, demande en cours)
  • Martinique (sous dépendance française, membre associé)
  • Montserrat (sous dépendance britannique)
  • St. Kitts et Nevis
  • Sainte-Lucie
  • Saint-Vincent et les Grenadines
  • Îles Vierges britanniques (sous dépendance britannique, membre associé)

 Les iles vierges britanniques et Anguilla (membres associés), Antigue et Barbade, Dominique, Grenade, Montserrat, St Kitts et Nevis, Ste Lucie, St Vincent et les Grenadines ont signé en 1981 le Traité de Basse-Terre, révisé en janvier 2011, afin de parvenir à une plus grande unité par la coopération, l’harmonisation de leur politique étrangère, l’établissement d’une Union économique et le développement d’actions communes dans les domaines de leur compétence. Un document phare demeure la déclaration de Saint Georges sur le développement durable de la région ainsi que le traité de Basse-Terre qui fixe le cadre général de la fédération.

La structure politique de l'OECO comporte plusieurs niveaux (Autorité composée des chefs de gouvernement, le Conseil des Ministres, l’assemblée composée des parlementaires des différents pays, le Conseil des Affaires économiques où siègent les ministres de l’économie et la Commission qui est l’organe d’administration générale.

Il existe aussi un certain nombre d’organes communs : Cour suprême, Banque Centrale, Aviation Civile, Telecom, Sécurité, Achat de produits pharmaceutiques.

Les challenges auxquels l’OECS doit faire face sont ceux de l’Union Economique et la libre circulation des biens et des personnes, l’éducation et la formation des populations, la stratégie et le développement socio-économique-environnementale.

 Le développement durable : face à leur petite taille et la mondialisation/libéralisation, l’intégration régionale est une nécessité pour protéger les ressources naturelles et humaines. La Déclaration de Saint Georges est la pierre angulaire de la stratégie collective avec, entre autres principes, la gestion des risques et des déchets, la participation des populations, l’amélioration du cadre légal et institutionnel, l’implication du secteur privé, la préservation du patrimoine culturel et matériel, l’utilisation des E.R. et des technologies recherche/développement propres.

4 aires d’action ont été établies comme priorités : la gestion de l’océan, transition énergétique, changements climatiques, gestion des risques

La politique régionale de l’océan inclut la gestion intégrée de la mer et du littoral, la pollution, la recherche face aux changements climatiques et l’élévation du niveau de la mer. Elle tient compte du SDG14 (objectifs du développement durable/point 14) et du SAMOA pathway qui actualise la plateforme de Barbade.

  • La gestion durable des sols correspond à plusieurs cibles. La lutte contre la sécheresse, la sécurité alimentaire et hydrique, stabilisation des pentes, protection des bassins-versants et du littoral, restauration des écosystèmes, santé environnementale.
  • L’énergie est un secteur-clef où il faut s’employer à la diversification, l’optimisation dans la production, distribution et consommation, l’accès garanti pour tous, la compétitivité industrielle.
  • L’adaptation aux changements climatiques : les risques sont connus depuis les travaux du GIEC : élévation du niveau de la mer, sécheresse, cyclones violent, perte de la richesse en biodiversité, inondations, acidification des océans. Des mesures sont donc à prendre sur la base de nouveaux paradigmes afin de garantir le développement humain (travail/alimentation/logement/éducation), la résilience des communautés et le « ménagement territorial ».

En visite en Martinique en 2014, les représentants de l’OECS avaient interrogé le CCEE représentant la Société Civile organisée, quant à l’adhésion de la Martinique à cet organisme régional et les contacts avaient été établis, rendant cette rencontre possible.

L’objectif fixé était donc de rencontrer les responsables des différents secteurs (éducation et jeunesse /environnement/santé/développement social/industries culturelles) afin de faire le point à la veille de la COP 21 sur les stratégies collectives mises en œuvre par l’autorité et l’Assemblée de l’OECS.

 

RESUME DES PRESENTATIONS

Le Département du développement social a défini un cadre ayant pour but d’assurer aux citoyens des conditions de vie décente avec un focus sur la protection de la jeunesse et l’amélioration des procédures judiciaires liées à la détention et à l’insertion. Le rôle de la société civile, en liaison avec les autorités est à renforcer.

 

L’éducation est un pilier de la stratégie de croissance et de développement de l’OECO. Les progrès sont à constater en termes de scolarisation, d’aides aux plus défavorisés, de la collaboration sur les programmes et examens. Toutefois, il reste encore trop de « maternelles » non scolarisées, un manque de formation des maîtres, un grand nombre de jeunes hommes qui abandonnent ainsi qu’un faible accès à l’enseignement supérieur et donc des postes qualifiés non pourvus. L’enseignement en ligne, un accent plus marqué sur la science et la technologie, l’anglais et les maths sont à réaliser pour que la stratégie régionale réussisse. L’université des West Indies est un atout pour les meilleurs étudiants.

La santé doit être analysée en tenant compte de la pyramide des âges et du vieillissement de la population, les difficultés économiques, l’importance des maladies non transmissibles liées au style de vie, les facteurs environnementaux (climat, migration, substances toxiques). De plus, pénurie de médicaments, technologies onéreuses, attente des patients accroissent les difficultés. Toutefois, des progrès sont à remarquer en termes d’espérance de vie, mortalité infantile, couverture médicale de base, formation et coopération (économie d’échelle pour l’achat en commun de médicaments auprès des firmes). L’objectif d’un système de santé de qualité et d’un budget équilibré, conformément aux objectifs de développement du millénaire et de la stratégie nationale force à des changements stratégiques en vue d’une plus grande efficience et prudence financière à travers la planification et les partenariats.

 

Stratégie pour la jeunesse

Les problèmes globaux se posent localement et peuvent trouver des solutions adaptées autour des 6 piliers interdépendants éducation/formation-Styles de vie sains-citoyenneté et identité-protection infantile et juvénile-créativité et culture – employabilité et entreprise

  • Echanges scolaires et universitaires/stages/formation adaptée au marché/gestion des élèves en difficulté/participation des élèves/santé.
  • Collecte de données/programmes TV sur le sport et les sportifs locaux/compétitions régionales/éducation santé (HIV-sexualité).
  • Service national de 25 à 100 h. Stage dans les institutions locales et régionales-implication dans la lutte contre le changement climatique-renforcement identité régionale.
  • Lutte contre la maltraitance et la pauvreté-travaux d’intérêt collectif-renforcement de la législation.
  • Renforcement enseignement artistique-vente internet-festivals communs
  • Employabilité et entreprise : stages de haut niveau-aides aux plus vulnérables-opportunités dans les secteurs émergents-micro entreprises-formation à la gestion d’entreprises.

 

Industries culturelles

Il s’agit d’un secteur clef du programme de croissance et développement de l’OECO. L’ensemble de la production (musique-mode-arts et artisanat-édition-festivals-audiovisuel) est le reflet de la culture et la créativité des caribéens et elle doit être protégée par les lois sur la propriété intellectuelle.

 

Toutefois, il existe des problèmes en termes de formation, d’équipement, d’accès aux financements de politiques publiques et de labellisation. Cette production est destinée à la population locale mais vise aussi la diaspora et les touristes avec la possibilité de distribution digitale (TCI) et de participation aux foires, salons et festivals internationaux. Ceci permet d’améliorer le profil et la qualité des produits ainsi que l’image des pays alors que la taille du marché local (même caribéen) reste problématique. La mutualisation est nécessaire (plateforme marketing et distribution).

Des coopérations sont à développer : chambres de commerce, Caribbean Export union, Caribbean business union, instituts et autorités de La culture et média.

 

 Pour conclure

 

Les domaines d'activité prioritaires sont le commerce, le transport, l’éducation, l’environnement insulaire et marin, l’agriculture, le tourisme durable et la gestion des catastrophes naturelles. Les projets phares de coopération entre la Région Martinique et ses voisins de la Caraïbe ont été évoqués. Parmi eux, on peut notamment citer :

  • L’organisation avec l’Etat, dans le cadre de la conférence mondiale du climat en décembre à Paris, d’une conférence caribéenne sur les mutations climatiques ;
  • La mise en place concertée d’un dispositif d’immersion des jeunes martiniquais, linguistique et pédagogique, au sein des familles et des lycées dans le cadre d’un ERASMUS Caraïbe baptisé CESAIRUS ;
  • La mise en œuvre d’une conférence de la connectivité dans la Grande caraïbe : aérien, maritime, énergétique, numérique, télévisuelle etc. ;
  • Le lancement du dispositif Immersion Echanges, une expérience dans le domaine touristique permettant des échanges entre la Martinique et Antigua & Barbuda ;
  • L’appel à projet Martinique, sur la perspective d’un cargo-voile pour le développement des échanges commerciaux, import-export entre iles ;
  • L’installation d’un cyclotron pour mieux détecter et traiter le cancer dans la Caraïbe ;
  • L’utilisation accrue du dispositif Interreg IV (2014-2020).

 

 

 

 

 

Lu 2216 fois Dernière modification le vendredi, 03 juin 2016 09:33
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